En sport mécanique sur circuit, la pole position, ou position de tête, est la première place de la grille de départ.

Le terme, d’origine anglaise, vient du vocabulaire du sport hippique. Lors d’une course où les chevaux partent en ligne, le cheval numéro 1, en première position de départ, est placé à la corde près du « poteau » (pole en anglais) intérieur de la piste.

La position sur la grille est généralement déterminée lors d’une séance de qualification séparée où les pilotes cherchent à faire le tour le plus rapide, ou par leur position à la course précédente. Les formats sont différents en fonction des sports : Formule 1, MotoGP, NASCAR, 500 miles d’Indianapolis, Karting, etc.

 

F1 – La pole position, toujours un avantage déterminant ?

Les réactions ont été nombreuses après la vision qui a été offerte par les deux pilotes Red Bull Racing ce week-end en qualification. En effet, les deux pilotes se sont contentés de ne faire qu’un unique tour lancé lors de la Q3, signant les deux meilleurs temps et sont sortis de leur monoplace bien avant la fin de la séance.

 

Effectivement, la lutte pour la pole position a toujours été un moment très intense dans les week-ends de Grand Prix, avec comme objectif d’obtenir la première place sur la grille, bénéficiant d’un avantage certain, en particulier sur des circuits qui n’offraient auparavant que très peu de possibilités de dépassements. On pensera bien entendu à Monaco, qui favorise grandement le pilote auteur de la pole, avec des dépassements quasiment impossibles à moins d’une différence conséquente de performance entre les deux monoplaces. De plus, les statistiques montrent que souvent, les pilotes ont tiré avantage de ces huit mètres d’avance, mais la donne pourrait être bien modifiée cette année.

 

En effet, les pilotes et les équipes le disent encore et encore, la gestion des pneumatiques est cruciale cette année, et la stratégie débute dès le samedi après-midi, avec l’utilisation,ou non, de trains de pneus neufs pour réaliser son tour chronométré. En effet, les pneus neufs ont tendance à n’être au maximum de leur efficacité que durant un unique tour, après quoi ils perdent en performances et compromettent sérieusement les chances de tirer le maximum de son potentiel. Et avec la différence entre les deux types de gommes utilisés lors de chaque week-end, chaque équipe a sa propre philosophie pour aborder les séances de qualifications, en particulier lors de la Q3, qui définit la place des dix derniers pilotes en lice pour la pole position.

Comme l’avait montré Lewis Hamilton en Chine quelques semaines auparavant, il est parfois plus important de conserver un train de pneus neufs, plutôt que de viser la pole à tout prix. Cette tendance a été confirmée par les deux pilotes Red Bull et par Felipe Massa lors de la Q3 du Grand Prix de Turquie.

 

Le pilote brésilien, après s’être raté lors de son premier tour chrono, a préféré s’élancer de la dixième place au lieu de monter des gommes fraîches, alors que les deux pilotes Red Bull ont quand à eux signé les deux meilleurs temps lors de leur premier tour lancé, avant de quitter leur monoplace, observant par la suite la chasse au Taureau organisée par les autres pilotes. Sebastian Vettel revient d’ailleurs sur ce sujet, avec une situation inédite pour lui : «  C’était une étrange sensation, alors que les autres voitures sont sur la piste à signer des temps et que vous êtes dans votre garage, à regarder. Ils peuvent vous battre, mais vous ne pouvez que regarder les écrans, il n’y a rien d’autre à faire. »

Nico Rosberg quant à lui a signé le troisième meilleur temps, en utilisant des gommes tendres mais déjà usagées. Une stratégie qui lui a permis de conserver un train de pneus neufs qu’il a pu utiliser lors de la course, comme pour les pilotes Red Bull. Ce fut d’ailleurs ce choix judicieux qui permit à Mark Webber de dépasser Fernando Alonso en fin de course, qui avait passé des pneus déjà usés. L’écart de performance a permis à l’Australien de remonter sur la Ferrari, et d’assurer le premier doublé de Red Bull Racing cette saison.

 

L’écart entre les gommes fraîches ou usagées étant très sensible en condition de course, il peut être important de garder des pneumatiques en réserve pour prendre l’avantage sur un opposant, mais il est tout de même nécessaire de réaliser une bonne séance de qualification. Mais pour une raison qui concerne encore une fois les pneumatiques.

 

En effet, la bonne tenue des pneus est aussi conditionnée par la présence, ou non, d’une monoplace devant celle du pilote. Le flux d’air qui ressort derrière le diffuseur d’une Formule 1 est clairement différent du flux qui arrive de face en temps normal, ce qui perturbe le comportement normal des gommes Pirelli, et va finir par les user de plus en plus rapidement. Il est donc assez important de réaliser une bonne qualification pour ne pas être gêné dans le trafic et conserver ses gommes fraîches plus longtemps, ce qui peut permettre de réagir à plus de possibilités. Preuve est faite que la pole position permet d’obtenir un bon avantage, comme l’ont montré les trois victoires de Sebastian Vettel lors de cette saison, et sa deuxième place causée uniquement par un soucis de stratégie.

 

Mais comme l’a montré Lewis Hamilton, le fait de bénéficier d’un train de pneus neufs peut compenser une place un peu reculée (sur la deuxième ou troisième ligne) pour viser la victoire comme il l’a fait en Chine. D’ailleurs, certains pilotes préfèrent utiliser des réglages axés pour la course, plutôt que pour la qualification, contrairement aux deux pilotes Mercedes ce week-end, avec Nico Rosberg qui frôle le temps de la deuxième place, mais dont les performances se sont effondrées en course avec le plein. De plus, un pilote qui se qualifie occasionnellement en Q3 peut se contenter d’une dixième place qui lui permettra d’utiliser des gommes neuves en piste pour ramener des points.

Au contraire, il semble que cela soit un trop grand handicap après la seconde ligne pour les teams visant la victoire, même au profit de gommes fraîches, qui pâtiront du trafic et s’useront finalement plus vite que des gommes un peu usées, alors que le pilote ne pourra en tirer la quintessence, gêné par ses opposants moins rapides que lui, mais qu’il n’arrive pas à doubler.

 

On peut donc dire qu’il faut trouver un bon équilibre entre la position sur la grille et l’usage de pneus neufs en course. Tout dépend clairement de la position que l’on peut viser sur la piste avec chaque type de gomme, qui permettra ou non, de tirer avantage d’un train de pneus neufs lors du dimanche après-midi. Mais il ne vaut clairement pas la peine de sacrifier un train de pneus neufs pour passer de la deuxième à la première ligne, ou pour passer de la deuxième place à la pole. Et ceci, Mark Webber et Sebastian Vettel l’ont bien compris pour signer le premier doublé de la saison en Turquie.

 

Le déroulement d’un grand prix

Un grand prix de formule 1 se déroule sur trois jours : les essais libres le premier ; les essais qualificatifs le deuxième ; la course le troisième.

 

Les essais

Les essais qualificatifs sont strictement codifiés. Jusqu’en 2002, ils duraient une heure et chaque pilote n’était autorisé à effectuer que douze tours. En tenant compte des tours de lancement et de décélération nécessaires, il bénéficiait de quatre tentatives au maximum pour tenter d’arracher la pole-position (le meilleur temps). En raison de la difficulté des dépassements durant la course, il est évidemment fondamental d’obtenir le meilleur rang possible. Ainsi, les séances d’essais qualificatifs donnaient lieu à des joutes spectaculaires – Ayrton Senna (65 pole-positions) était le maître en la matière – lors desquelles la tactique – savoir s’élancer au bon moment pour obtenir un tour « clair », anticiper l’évolution des conditions atmosphériques, etc. – jouait un rôle essentiel.

 

La F.I.A. a depuis lors modifié à plusieurs reprises le déroulement des essais. Le système mis en place n’est malheureusement guère limpide : en 2014, six pilotes sont éliminés au bout de 18 minutes, six autres un quart d’heure plus tard, les dix pilotes restants se disputent la pole-position, durant 12 minutes.

 

La course

La distance d’un grand prix est comprise entre 305 et 310 kilomètres (à l’exception des courses en ville, comme le Grand Prix de Monaco), mais sa durée ne peut excéder 2 heures. Le directeur de course stoppera le grand prix si cette durée est atteinte (course ralentie par la pluie ou par une longue présence en piste de la safety car en cas d’accident) et le classement sera validé. Contrairement aux compétitions américaines (IndyCar), qui n’ont lieu que sur piste sèche, un grand prix de formule 1 se déroule quelles que soient les conditions atmosphériques. En cas de pluie, les monoplaces sont équipées de pneumatiques sculptés spécialement pour limiter le risque d’aquaplaning. Néanmoins, le directeur de course peut décider d’interrompre le grand prix pour des raisons de sécurité.

 

La Formule 1 valide le principe des courses de qualification lors de trois Grands Prix 2021 !

La Formule 1 va de l’avant avec l’idée de courses de qualification et, dès cette saison, trois Grands Prix vont en présenter, à la suite d’un accord conclu aujourd’hui entre la FIA, la Formule 1 et les 10 équipes inscrites. Deux sites européens et un hors Europe présenteront ce format, mais le nom des événements n’a pas encore été divulgué.

Ces sprints de qualifications verront les pilotes s’affronter dans une course de 100 km le samedi après-midi, lors des week-ends de Grand Prix sélectionnés. Le résultat de ces épreuves sprint décidera de la grille de départ du Grand Prix le dimanche.

Le nouveau format verra également la grille pour la course sprint de qualifications être décidée vendredi après-midi, en utilisant le format de qualification actuel, avec des voitures entrant en Parc-Fermé dès le début des qualifications le vendredi. Il y aura alors une seule séance d’essais de 60 minutes le vendredi, puis une autre le samedi matin. Présentement, le format des Grands Prix voit les pilotes aller en piste pour deux séances d’essais libres de 60 minutes le vendredi, puis une autre le samedi matin.

Il a de plus été décidé que les trois premiers de la course de qualification du samedi recevraient des points, soit trois points pour la première place, deux points pour la deuxième et un pour la troisième.

« Nous sommes ravis de cette nouvelle opportunité qui offrira à nos fans un week-end de course encore plus passionnant « Voir les pilotes s’affronter pendant trois jours sera une expérience incroyable et je suis sûr que les pilotes apprécieront le combat » a déclaré Stefano Domenicali, président-directeur général de la Formule 1. « Je suis ravi que toutes les équipes aient soutenu ce plan, et cela témoigne de nos efforts unis pour continuer à impliquer nos fans de nouvelles manières tout en veillant à rester attachés à l’héritage de notre sport » a-t-il ajouté.

Le président de la FIA, Jean Todt, a quant à lui déclaré : « Je suis heureux de voir que la Formule 1 cherche de nouvelles façons de s’engager auprès de ses fans et élargir le spectacle d’un week-end de course à travers le concept de courses de qualification. Cela a été rendu possible grâce à la collaboration continue entre la FIA, la Formule 1 et toutes les équipes ».

Vendredi, il y aura donc une première séance d’essais libres de 60 minutes le matin avec deux trains de pneus que les équipes peuvent choisir librement. En après-midi, la séance de qualification leur autorisera cinq jeux de pneus tendres.

Samedi, 60 minutes d’essais libres le matin (avec un jeu de pneus que les équipes peuvent choisir librement) précéderont la course de qualification de 100 km l’après-midi, où les équipes pourront utiliser deux trains de pneus de leur choix.

Dimanche enfin, le Grand Prix sur couru sur la distance habituelle, avec les deux trains de pneus restants.

Selon certaines rumeurs, Silverstone en juillet et Monza en septembre pourraient être les Grands Prix européens sélectionnés pour accueillir ces courses de qualification. Le Mexique ou le Brésil pourraient être la course hors Europe mais cela reste bien sûr à confirmer.